1948 en février, le 24, ce sont les barricades dans les rues de la capitale. Après avoir chasser Louis – Philippe du pouvoir, un gouvernement provisoire
sera mis en place qui, sous la pression populaire proclame la république depuis l’Hôtel de ville de Paris.
L’intervention populaire est telle que le gouvernement provisoire reconnaît immédiatement « le droit au travail » .
Pour faire face au chômage de masse provoqué par la crise économique de 1846- 1848, le gouvernement crée des ateliers nationaux. Ces ateliers occuperont les sans-travail à des travaux
d’utilité publique, principalement à des travaux de voirie., mais aussi pour faire les tenues de la garde nationale .
La garde Nationale et son drapeau en 1830
Au palais du Luxembourg est installée une « commission gouvernementale pour les travailleurs » composée de 457 représentants ouvriers et de 231 délégués des patrons, présidée par Louis
Blanc et Albert, commission qui doit faire des propositions au gouvernement sur les conditions de travail. Pour la première fois, elle proposera notamment au gouvernement provisoire de fixer la
journée de travail à 10 heures à Paris et 11 heures en province, d’abolir le « marchandage » et de le remplacer par des bureaux de placement publics(ancêtre de notre
ANPE) et entre autre chose la création des conseils de prud’hommes.
Pour la première fois la bataille pour la réduction du temps trouve un écho en France. Rappelons que les syndicats n’existent pas encore, c’est seulement la loi Waldeck
Rousseau du 21 mars 1884 qui permettra leur création et c’est en 1895 que sera créé la CGT, soit 57 ans plus tard.
Il faudra ensuite attendre 1900 pour qu’effectivement la loi officialise la journée maximum de travail à 11 heures.
1906 pour obtenir l’institution d’un jour de repos hebdomadaire ;
Devant la bourse du travail à Paris le 1er mai 1906
1919 devant le mécontentement des populations qui avaient temps souffert de la grande guerre pour obtenir la journée de travail à 8 heures.
En 1936 , 17 ans après, le Front Populaire accorde la semaine de travail à 40 heures et 15 jours de congés payés, vite repris par ceux qui préférait Hitler au
front populaire.
En 1945, alors que le pays est exsangue, qu’il faut reconstruire le pays, le temps de travail effectif est ramené à 45 heures et institution de
la retraite pour tous à 65 ans.
En 1956 sont instauré les 3 semaines de congés payés. Mais jusqu’en 1968, bon nombre d’entre nous travaillent encore 48 heures par semaine. Le constat de
Grenelle permet d’ouvrir des négociations par branche et d’obtenir immédiatement la réduction du temps de travail à 47 heures.
En 1969 c’est l’instauration d’une quatrième semaine de congés payés.
En 1982 outre les nouveaux droits syndicaux dites Lois Auroux , c’est l’instauration de la limitation du travail à 39 heures, cinq semaines de congés payés, le droit au
départ en retraite à 60 ans.
En 1998, c’est la limitation de la semaine de travail à 35 heures, même si celle-ci fut mal comprise par les salariés, le patronat en profitant pour augmenter la productivité par
endroit sans pour autant toucher aux salaires.
Néanmoins on peut constater que dans tous les cas, parallèlement à la réduction du temps de travail, que ce soit journalier, hebdomadaire, au niveau des congés payés, ou au niveau de la vie avec
la retraite, le pouvoir d’achat des salariés a régulièrement augmenté.
Toutes ces conquêtes ne sont pas tombées du ciel.
Elles sont le plus souvent dues aux avancées technologiques qui font que l’augmentation de la production, de la productivité, de la formation peut profiter aux hommes (et aux femmes)
quant ceux ci (ou celles-ci) se mobilisent en engageant des actions sociales pour réclamer une part du gâteau.
Il est faux de dire que la réduction du temps de travail coûte.
Au contraire, et on l’a bien vu dernièrement, la réduction du temps de travail permet une relance de l’augmentation du pouvoir d’achat par l’augmentation de la consommation des ménages.
Car pour renouveler sa force de travail, il faut un bon pouvoir d’achat pour pouvoir consommer.
Ne pas comprendre ce B.A. BA économique, c’est avoir une vue de l’économie à court terme, à très court terme.
Nous sommes loin des spéculateurs qui veulent faire de l’argent avec l’argent ! Et du slogan de Sarkozy de travailler plus pour gagner plus.
Oui décidément ce vendredi dernier les salariés du commerce et notamment dans les grandes surfaces ont eu raison d’appeler à l’action pour l’augmentation des salaires et la
réduction du temps de travail.