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Jeudi 26 juin 2008

Pendant trois jours, les 18, 19 et 20 juin dernier à Dieppe, s’est tenu le 41 ème congrès des syndicats CGT de Seine-Maritime. Pour y avoir été présent, je l’affirme haut et fort, la CGT en Seine-Maritime ne sortira pas indemne de ce congrès. L’Union Départementale est en état de crise et cela est très inquiétant, non seulement l’objectif de renforcement d’atteindre 28000 adhérents décidé au précédent congrès n’a pas été atteint, loin de là , mais le congrès c’est tenu dans un climat d’extrême tension, dès la première séance du mercredi matin, après avoir salué comme il convenait sous un tonnerre d’applaudissement le nouveau jeune Maire communiste de Dieppe, Sébastien Jumel  et la Secrétaire de l’Union Locale CGT Corinne Girard- Davenet, les invectives ont fusées s’opposant à la position confédérale sur l’accord  de représentativité négocié avec le patronat.

Au lieu de se projeter vers l’avenir, le débat a porté sur ce qui c’est fait hier, voir avant hier.

Le plus important pour bon nombre de participants n’étant pas la qualité, l’ancrage  de l’activité syndicale à l’entreprise, mais plutôt l’action pour l’action , la manif de rue pour la manif de rue, alors que  plus que jamais le rapport de force voudrais qu’on sorte de cette sous syndicalisation à la française.
On peut malheureusement dire que  le débat est resté dans le cadre souhaité par Sarkozy.

N’as-t-on pas vu à cette occasion un rapporteur de la commission des candidatures qui va chercher en Préfecture les raisons d’accepter ou non une candidature à la CE, sans même  en parler à l’intéressé (quel courage !), monte avec l’aide de complices un véritable « procès stalinien » à l’encontre de ce même candidat, qui ne fait pas de rapport au congrès mais distribue la liste des candidats et ouvre le scrutin avant d’avoir fait approuvé ladite liste, on avait jamais vu ce véritable déni de démocratie.

 Une commission exécutive avec des membres élus qui ne sont pas confédérés puisque refusant de payer leurs cotisations par les moyens adoptés majoritairement en congrès.

Ces « champions » de la démocratie, toujours prêt à la fouler du pied, on manié pendant trois jours le mensonge, l’insulte, l’irrespect à l’égard de tous ceux qui n’approuvaient pas leur décision. Ils ont fait en sorte qu’aujourd’hui en Seine-Maritime pour être dans la catégorie des bons militants syndicaux CGT, il faut être en opposition aux orientations confédérales, sinon vous vous opposés aux pires diatribes.

Etre permanent syndical est devenu une insulte !

 Passé au compte des pertes et profits les heures passées à convaincre les salariés, à renforcer  le mouvement syndical. Remis à plus tard la nécessité de former des jeunes ou des nouveaux adhérents.

 Pour être un bon militant, il faut prôner la grève illimitée et tout de suite, la théorie du grand soir en quelque sorte. Ne pas développer cela, vous range  automatiquement dans la catégorie des opportunistes, et des collaborateurs du patronat, alors que ce sont ceux là  même qui fréquentent assidûment la police politique de Sarkosy, les trop fameux « renseignements généraux » sous prétexte qu’ils sont « sympa » avec eux ! Quelle faiblesse politique !!!

Petit à petit, l’adversaire devient moins le patronat et la politique gouvernementale, que le militant syndical à combattre parce que d’accord avec les congrès confédéraux successifs de la CGT, que ce soit sur la revendication du  nouveau statut du travail salarié, alors que, par exemple la précarisation des emplois est devenu la majorité des cas.

L’enjeu, et nous l’avons bien vu à Dieppe, c’est de quelle évolution l’organisation CGT en Seine-Maritime a-t-elle besoin ? En résumé c’est  : Faut-il un syndicalisme de mobilisation et de contestation MAIS AUSSI de propositions et de négociations ?

 S’en limiter aux premiers (mobilisation et contestation), ce n’est pas marcher sur ces deux pieds mais se priver de moyens pour convaincre et avancer et finalement isoler la CGT et ses militants. C’est ce que voudrait Sarkosy et ses amis, devons nous laisser faire celà ?

Heureusement, je garde l’espoir en ces jeunes générations qui se battent dans des conditions difficiles dans leur entreprise dont le congrès n’a pas été le reflet. Je prendrais l’exemple de cette jeune adhérente depuis peu de temps, présente au congrès et qui prend la parole pour exprimer sa surprise, à un participant qui l’interromps en lui reprochant de ne pas utiliser le mot « camarade » le reprends de volée en lui disant « je parle comme je veux ! »

Oui l’avenir de la CGT est de ce coté là, du côté de ces jeunes militants et militantes qui luttent pieds à pieds dans leur entreprise, petite quelquefois très petite, ou plus grande, tous les jours, ne s’installant pas dans la facilité, dénonçant le patronat, le gouvernement qui cassent les entreprises, refusent les revendications, baissent le pouvoir d’achat, augmentent les prix de première nécessité de la viande, du lait, du pain, des carburants, des loyers, cassent la sécurité sociale, l’assurance maladie, la retraite.

Plus que jamais il faut unir les efforts et refuser ces divisions que patronat et gouvernement veulent nous imposer, avec malheureusement, on l’a vu dans ce congrès, un certain succès.

Toute bataille est gagnable, il faut unir, unir, et encore unir dans la clarté, avec comme seul adversaire le patronat et sa concrétisation politique le pouvoir sarkosien.

Il faut expliquer aux salariés (ées) leur intérêt à rejoindre ses luttes.

Cela ne se fera pas  en claquant des doigts. Cela nécessite beaucoup d’explications, de formation, de conviction.

Loin de l’invective, il faut une CGT de construction, de propositions, de luttes, pour construire le rapport de force nécessaire aux changements. C’est possible, il faut s’y mettre, nous n’avons pas de temps à perdre.

par Jacquot publié dans : Humeur communauté : LE SARKO SHOW
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Commentaires

COMME TU LE DIS SI JUSTEMENT IL FAUT S' UNIR ...
Mais c'est bien ça le problème de la Gauche en France, en générale,  malheureusement syndcats compris, pas d'objectifs réels, pas de programmes, pas d'union ...
LIZAGRECE

commentaire n° : 1 posté par : Liza (site web) le: 26/06/2008 23:35:14
Bonjour,
J'ai été quelques années syndiquée à la CGT de Seine Maritime. J'ai d'emblée refusé d'employer le mot camarade et de tutoyer l'ensemble des syndiqués. J'ai de ce fait été vécu par une partie de syndiqués (ceux qui ont organisés ce fiasco lors de ce dernier congrès de Seine Maritime) comme une traite et une personne intellectuelle qui n'avait rien à faire à la CGT. Je me suis défendue de ces jugements attifs, en expliquant que je prenais cette position car je m'interrogeais sur les valeurs partagées par les syndiqués, et mon expérince m'a donné raison sur le fait que nous ne sommes pas tous syndiqués à la CGT pour les mêmes raisons. Certains sont là pour construire, d'autres sont là uniquement pour détruire et vous comprendrez peut être que par l'association camarade et le tutoiement je ne souhaitais pas être associée à ces personnes qui n'ont que l"intention de détruire.... Pour autant dans l'entreprise où je travaillais nous étions 15 salariés, et par l'action d'une CGT Confédérée défendant des orientations claires et constructives, 12 d'entre eux étaient syndiqués. Aujourd'hui riche des valeurs qui m'ont été transmise par toutes ces personnes qui défendent une CGT constructive et qui ont été mise à mal lors du dernier congrès de Seine Maritime, au Conseil Général de la Manche 150 agents soit 30 % des agents de la Solidarité se sont mobilisés pour faire valoir leurs revendications ce n'est qu'un exemple. Je souhaite bon courage à tous ceux qui défende une CGT démocratique de revendications au plus près des salariés et des plus démunis.
commentaire n° : 2 posté par : aline le: 27/06/2008 07:49:28
je reconnais là un vécu personnel dans mon propre syndicat appuyé par l'union locale d'harfleur à l'époque dirigée par philippe Saunier .... beaucoup de camarades n'ont pas pris la mesure  de ce que représentait "mon exclusion" de la CGT à l'époque (2002) je constate que la question de construire avec tous les salariés qu'ils soient jeunes, cadres, vieux militants ou nouveaux adhérents,est et reste plus que jamais à l'ordre du jour - et cela ne se fera pas sans les jeunes qui sont les seuls à savoir ce qu'il peuvent faire et doivent faire dans leurs conditions d'exploitation actuelles, nous devons les écouter les soutenir leur transmettre UNE expérience pour information pas comme modèle unique à essayer de reprodruire dans un monde qui évolue mais compte toujours sur la division des salariés pour avancer ses pions. 
commentaire n° : 3 posté par : JOELLE le: 05/07/2008 10:30:12
Je partage l'inquiétude de Jacques sur les difficiles conditions dans lesquelles ce congrès s'est passé, et sur ses conséquences pour l'avenir.
Je n'ai pu participer qu'à la dernière journée du congrès, mais les échos que j'en ai eu mon terrifiés, et le peu que j'en ai vu et entendu, à finit par me convaincre de la gravité de la situation.

Je me serais bien passé de ce spectacle affligeant ou la fraternité était bien absente dans les échanges.
Si  des représentants des employeurs avaient été là ils auraient eu fort à se réjouir de ce désolant spectacle !
 
Bien que chanté par certains à la fin du congrès
, l'action collective magnifiée, et le mythe du grand soir de l'Internationale" aura eu peine à rassembler des choristes, témoignant bien de l'impasse dans laquelle certains cherchent à instrumentaliser l'action syndicale.

Mais tout ceci n'est guère surprenant. Il n'y a pas d'organisation humaine ou les enjeux de pouvoir soient absents, et qui ne soit à l'abri des tentations de retournement de situations, d'esprit clanique, d'ambitions personelles et/ou collectives.

L'UD CGT, et la CGT toute entière est au tournant d'une étape de son évolution, et l'objet d'enjeux stratégiques politiques : aujourd'hui comme hier, soyons en conscients.
Ce qui est plus difficile à avaler par contre, pour le réformateur que je suis, c'est de constater que cette volontée d'évolution qu'incarne Bernard THIBEAULT,et que j'ai soutenu, parfois avec réserves, et qui a voulu que la CGT s'émancipe, sorte de sa tutelle historique, s'ouvre au plus grand nombre, abandonne  la caricature d'elle même, et bien cette démarche se trouve mise en difficulté par les représentants d'un radicalisme, ou le compromis n'a pas droit de cité, et dont l'objectif n'est pas d'être plus nombreux, mais entre soi, entre purs et durs de la dialectique.

L'époque sert ce discours qui vise à se renfermer sur soi, à penser l'utopie d'une grève générale, d'une action directe, d'un grand parti de gauche, comme issue à une crise profonde...utopies sommes toutes respectables mais qui au demeurant nous font perdre une fois encore beaucoup de temps.

L'entrisme
par ailleurs est de bonne guerre, il permet le prolongement d'une action en permettant d'étendre son influence. D'autres l'on utilisé en leur temps, certes plus ouvertement.

En fait c'est ceci qui est le plus révoltant : penser avoir milité pour une CGT un peu plus indépendante, un peu plus démocratique, un peu moins idéologique afin qu'elle rompe avec ses liens organiques, pour finalement découvrir qu'elle risque de tomber sous un autre giron idéologique, sous une autre tutelle...

Tout çà pour en arriver là, quel gachis !
commentaire n° : 4 posté par : Manuel le: 09/07/2008 00:15:17
Merci à Manu pour ce commentaire que je partage à beaucoup d'égard.
Ces hommes  et ses femmes qui s'ervertuent plus à casser la CGT qu'a construire la société dont les salarié(e)s ont besoin sont responsables des conséquences de leurs actes. J'ai rencontré hier un homme foutu, cassé par ces basses manoeuvres. Didier Lefaux avec qui  j'ai beaucoup discuté est désormais à 56 ans sans emploi et devant un échec qu'il dit qu'il ne s'en remettra pas. Nous avons essayé de lui apporté de l' amitié, de la solidarité, de lui dire que tout n'est pas fichu,mais j'ai bien peur que cela soit insuffisant. En effet Manu! Quel gachis et pour construire quoi?
réponse de : Jacquot (site web) le: 13/07/2008 22:40:55
Voilà une analyse de notre 41ème congrés respectueuse du vécu que j'en ai.Le commentaire de manu me conforte dans ma propre analyse de la situation que vit la CGT aujourd'hui dans au niveau du département que du national. Les bonnes volontés de la construction doivent aujourd'hui faire front pour éviter que l'outil que nous on laissé nos anciens ne tombent aux mains de destructuers avides de pouvoir. Ensemble, avec la conception d'aujourd'hui, le syndicalisme CGT a de beau jour devant lui. Soyons optimiste et construisons avec les syndiqués et tous les salariés pour que nos lendemains chantent et que chacun vive dans la dignité.
commentaire n° : 5 posté par : Philippe le: 15/07/2008 14:27:52
 
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