Pendant trois jours, les 18, 19 et 20 juin dernier à Dieppe, s’est tenu le 41 ème congrès des
syndicats CGT de Seine-Maritime. Pour y avoir été présent, je l’affirme haut et fort, la CGT en Seine-Maritime ne sortira pas indemne de ce congrès. L’Union Départementale est en état de crise et
cela est très inquiétant, non seulement l’objectif de renforcement d’atteindre 28000 adhérents décidé au précédent congrès n’a pas été atteint, loin de là , mais le congrès c’est tenu dans un
climat d’extrême tension, dès la première séance du mercredi matin, après avoir salué comme il convenait sous un tonnerre d’applaudissement le nouveau jeune Maire communiste de Dieppe, Sébastien
Jumel et la Secrétaire de l’Union Locale CGT Corinne Girard- Davenet, les invectives ont fusées s’opposant à la position confédérale sur
l’accord de représentativité négocié avec le patronat.
Au lieu de se projeter vers l’avenir, le débat a porté sur ce qui c’est fait hier, voir avant
hier.
Le plus important pour bon nombre de participants n’étant pas la qualité, l’ancrage de l’activité syndicale à l’entreprise, mais plutôt l’action pour l’action , la manif de rue pour la manif de rue, alors que plus que jamais le rapport de force voudrais qu’on sorte de cette sous syndicalisation à la française.
On peut malheureusement dire que le débat est resté dans le cadre souhaité par Sarkozy.
N’as-t-on pas vu à cette occasion un rapporteur de la commission des candidatures qui va chercher en
Préfecture les raisons d’accepter ou non une candidature à la CE, sans même en parler à l’intéressé (quel courage !), monte avec l’aide de
complices un véritable « procès stalinien » à l’encontre de ce même candidat, qui ne fait pas de rapport au congrès mais distribue la liste des candidats et ouvre le scrutin avant
d’avoir fait approuvé ladite liste, on avait jamais vu ce véritable déni de démocratie.
Une
commission exécutive avec des membres élus qui ne sont pas confédérés puisque refusant de payer leurs cotisations par les moyens adoptés majoritairement en congrès.
Ces « champions » de la démocratie, toujours prêt à la fouler du pied, on manié pendant
trois jours le mensonge, l’insulte, l’irrespect à l’égard de tous ceux qui n’approuvaient pas leur décision. Ils ont fait en sorte qu’aujourd’hui en Seine-Maritime pour être dans la catégorie des
bons militants syndicaux CGT, il faut être en opposition aux orientations confédérales, sinon vous vous opposés aux pires diatribes.
Etre permanent syndical est devenu une insulte !
Passé au
compte des pertes et profits les heures passées à convaincre les salariés, à renforcer le mouvement syndical. Remis à plus tard la nécessité de former
des jeunes ou des nouveaux adhérents.
Pour être un
bon militant, il faut prôner la grève illimitée et tout de suite, la théorie du grand soir en quelque sorte. Ne pas développer cela, vous range
automatiquement dans la catégorie des opportunistes, et des collaborateurs du patronat, alors que ce sont ceux là même qui fréquentent assidûment la
police politique de Sarkosy, les trop fameux « renseignements généraux » sous prétexte qu’ils sont « sympa » avec eux ! Quelle faiblesse politique !!!
Petit à petit, l’adversaire devient moins le patronat et la politique gouvernementale, que le
militant syndical à combattre parce que d’accord avec les congrès confédéraux successifs de la CGT, que ce soit sur la revendication du nouveau statut
du travail salarié, alors que, par exemple la précarisation des emplois est devenu la majorité des cas.
L’enjeu, et nous l’avons bien vu à Dieppe, c’est de quelle évolution l’organisation CGT en
Seine-Maritime a-t-elle besoin ? En résumé c’est : Faut-il un syndicalisme de mobilisation et de contestation MAIS AUSSI de
propositions et de négociations ?
S’en limiter
aux premiers (mobilisation et contestation), ce n’est pas marcher sur ces deux pieds mais se priver de moyens pour convaincre et avancer et finalement isoler la CGT et ses militants. C’est ce que
voudrait Sarkosy et ses amis, devons nous laisser faire celà ?
Heureusement, je garde l’espoir en ces jeunes générations qui se battent dans des conditions
difficiles dans leur entreprise dont le congrès n’a pas été le reflet. Je prendrais l’exemple de cette jeune adhérente depuis peu de temps, présente au congrès et qui prend la parole pour
exprimer sa surprise, à un participant qui l’interromps en lui reprochant de ne pas utiliser le mot « camarade » le reprends de volée en lui disant « je parle comme je
veux ! »
Oui l’avenir de la CGT est de ce coté là, du côté de ces jeunes militants et militantes qui luttent
pieds à pieds dans leur entreprise, petite quelquefois très petite, ou plus grande, tous les jours, ne s’installant pas dans la facilité, dénonçant le patronat, le gouvernement qui cassent les
entreprises, refusent les revendications, baissent le pouvoir d’achat, augmentent les prix de première nécessité de la viande, du lait, du pain, des carburants, des loyers, cassent la sécurité
sociale, l’assurance maladie, la retraite.
Plus que jamais il faut unir les efforts et refuser ces divisions que patronat et gouvernement
veulent nous imposer, avec malheureusement, on l’a vu dans ce congrès, un certain succès.
Toute bataille est gagnable, il faut unir, unir, et encore unir dans la clarté, avec comme seul
adversaire le patronat et sa concrétisation politique le pouvoir sarkosien.
Il faut expliquer aux salariés (ées) leur intérêt à rejoindre ses luttes.
Cela ne se fera pas en claquant des doigts. Cela
nécessite beaucoup d’explications, de formation, de conviction.
Loin de l’invective, il faut une CGT de construction, de propositions, de luttes, pour construire le rapport de force nécessaire aux changements. C’est possible, il faut s’y mettre, nous n’avons pas de temps à perdre.
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