A propos de l’Economie Sociale & Solidaire

Publié le par Jacquot

Les 11, 12, 13 et 14 décembre prochain aura lieu le 34 ème congrès du Parti Communiste Français.
Depuis de nombreuses semaines les communistes discutent de quel avenir pour leur parti.
Celui-ci est bien moins médiatisé que la préparation du congrès du PS à Reims, et pour cause, ne dit on pas partout dans les médias que les communistes n'existent plus. Pourtant l'avenir du PCF ne peut pas laisser les progressistes français indifférents.
Un sondage réalisé à l'occasion des journées d'été "du boucau" et publier dans l' Humanité du 4 septembre dernier montre les doutes et les fortes attentes de la population à l'égard des communistes.
C'est sur  le texte  de "la base commune" adoptée par le Conseil National du PCF les 5 & 6 septembre dernier * que la discussion c'est engagée.
Pour ma part, j'ai apporté ma pierre à la discussion en rédigeant une contribution à l’enrichissement de la base commune à propos d'une question qui me tiennent  à coeur depuis longtemps: "L' Economie Sociale & Solidaire" Vous trouverez ci - dessous la totalité de cette contribution.
 

A propos de l’Economie Sociale & Solidaire

Par Jacques  Defortescu

Section de Grand-Couronne - Fédération de Seine-Maritime

 

Notre « base commune » est étrangement silencieuse sur la question de l’Economie Sociale et Solidaire.

On fait bien référence à «  de nouvelles conquêtes et solidarités sociales », de « véritable droit à la qualité de la vie » à « un droit à la ville et à des territoires solidaires » ou encore à une « autre conception de la consommation » voir  « Un nouveau mode de production » et même nous ajoutons  «  avec de nouveaux pouvoirs pour les salariés, un nouveau type de croissance » nous parlons même «  De nouvelles solidarités de progrès social » avec « une protection sociale étendue ».

Peut-on se satisfaire de ces approches sommes toutes assez sommaire, sans développé plus l’idée qu’il y a dans la France de 2008 (voir dans tout l’espace européen) des hommes et des femmes par millions qui construisent quelque chose or de l’espace mercantile.

Prenons un seul  exemple paru dans l’ Humanité d’ aujourd’hui (25 septembre):

  • Le mouvement HLM c’est 13 000 administrateurs bénévoles employant  76 000 salariés et 10 millions de locataires

 

Au moment où l’extension du chômage et la remise en cause profonde du pouvoir d’achat, l’approfondissement de la crise financière, l’efficacité des formes capitalistique les plus traditionnelles  de production sont en cause, tout cela devraient notamment nous interroger très profondément sur le « comment faire »

Et d’abord, n’y a-t-il pas déjà des choses qui se font chez nous, ici, dans notre commune, notre département, notre région ?

Les coopératives, les mutuelles, les associations exercent presque tout le temps une activité économique.

Cette activité que certains ont qualifiés de « souterraine » est bien réelle, elle représente 10% du PIB et 12 % de la totalité des emplois en France.

Quatre vingt pour cent des agriculteurs sont des coopérateurs, soixante trois pour cent de l’assurance complémentaire relèvent des mutuelles, soixante pour cent des placements sont collectés par les banques coopératives, cinquante pour cent des maisons de retraites sont gérées par des associations. Ce sont en tout deux millions de salariés qui relèvent du secteur de l’ESS.[1]

Dans le domaine sanitaire et social et de la protection sociale, le secteur de l’ Economie Social joue un rôle considérable, elle y emploie près d’un million de salariés.

Dans l’assurance automobile, même si elles s’inscrivent dans le cadre marchand, les mutuelles sont de très loin les plus belles entreprises, regroupés au sein du GEMA[2], elles ont su au fil des années constituées un segment du marché de l’ assurance automobile incontournable, même si aujourd’hui elles sont fortement concurrencé par la « banque- assurance ». Elles ont néanmoins créés notamment Inter Mutuelles Assistance(IMA) qui est aujourd’hui le leader national sur le marché de l’assistance (très loin devant Europ Assistance ou Mondial Assistance).

La Mutualité Française a elle seule est le porte parole de 38 millions de Français face à la santé. (1)

Tout cela géré de manière souvent très démocratique avec des militants mutualistes bénévoles élus et convaincus.

Dans les coopératives, ou les SCOP[3] on ne compte plus les entreprises reprises par les salariés eux-mêmes pour s’opposer à la casse de l’entreprise qui souvent marchent, et dans les conditions du marché  souvent difficiles. (de 1426 et 29775 salariés en 1995, dix ans après les SCOP sont au nombre de 1707 et regroupe 36196 salariés ) (1)

Dans le domaine de la solidarité, les associations jouent un rôle premier que plus personne désormais ne leur dénie. Les plus connus : les Resto du cœur, Droit au logement, Emmaüs, la Banque Alimentaire, luttent contre la pauvreté et la précarité. Beaucoup d’entre elles mènent leur propre combat, sans forcément bénéficier de l’aide des pouvoirs publics, d’autres nouent des coopérations plus étroites (subventions, emplois aidés) et même pour certaines reçoivent des délégations de services publics pour accomplir des taches que l’ Etat ou les collectivités territoriales ne peuvent ou ne veulent gérer elles-mêmes.

Depuis quelques années, on voit émerger un nouveau secteur marchand, celui du commerce équitable. L’objectif étant de donner aux petits producteurs des pays du Sud des revenus plus convenables à leur développement, mais aussi de permettre un engagement des acheteurs des pays du Nord. L’un des grands de la distribution à vu dès 1994, que pour redorer son image de marque, il pouvait s’inscrire dans cette démarche, même s’il paie ses caissières au SMIC pour des horaires partiels non choisit.

Aujourd’hui existe aussi les fondations (2100 en France) (1) qui rassemblent des biens qui sont affectés à des missions spécifiques clairement définies, d’intérêt général et à but non lucratif.

Au sein de l’Economie Sociale, l’économie solidaire revendique une place de plus en plus importante.

Ce sont notamment les associations, les entreprises adaptées aux personnes handicapées et les organisations qui se sont spécialisé dans l’éducation populaire, le recyclage (Envie), l’insertion par l’activité économique, le commerce équitable etc…

L’économie solidaire représente aujourd’hui 816 000 salariés et 10 000 entreprises (1)

Ces entreprises sont bien souvent un facteur de cohésion sociale importante.

Dans les associations que se soient celles du Tourisme Social, sportives, culturelles  ou de quartiers, ou toutes celles citées plus haut, se sont des milliers de bénévoles qui, tous les jours s’investissent pour la réussite de leurs projets souvent citoyens, quasiment toujours désintéressés.

Sans vouloir faire de l’Economie Sociale et Solidaire une économie alternative, et rejoindre en cela les utopistes adeptes de Fourrier ou Gide ; on peut toutefois penser qu’il y a là un créneau qui échappe quasi totalement au monde capitaliste, qui unit sur des projets des individus différents, qui construit une réponse à des besoins sociaux de la population.

Souvent les communistes dans le passé se sont opposés à ces idées, soit parce qu’elles amenaient à une « gestion de la crise », soit dit autrement qu’elles n’étaient pas assez révolutionnaires !

Et pourtant, moi qui milite auprès des plus défavorisé dans une Epicerie Sociale et Solidaire, je me rends compte que donner à manger aux gens est un acte hautement révolutionnaire car c’est bien connu que « ventre affamé, n’a pas d’oreille »

Les entreprises de l’ ESS elle-même réfléchissent sur leur rôle dans la société française telle quelle est aujourd’hui. Les grandes organisations se sont positionnées depuis longtemps sur ce sujet.

On ne peut pas faire dans la  « base commune »  comme si cela n’existait pas.

Nous qui aujourd’hui, bien souvent reprenons à notre compte les idées d’autogestion, ne sommes plus insensibles à ces questions de produire autrement, au contraire.

C’est de plus pour ceux qui y participent une école de la démocratie, le principe d’un homme une voie permettant de rassembler sur des idées, des hommes et des femmes différents (tes) vers des objectifs communs.

 N’est-ce pas là aussi un projet communiste ?

Je me souviens d’une période pas très éloignée, où dans les conférences de sections, de cellules ou départementales, nous demandions aux camarades dans quelle organisation de masse ils militaient. L’enquête réalisée sur « les français, le changement et le PCF » par l’institut Viavoice et publié dans l’ Humanité le confirme, la population, juge souvent les communistes sur leur capacité de faire et de produire du soutien à leur action, à leurs luttes, en les cotoyants et en comprenant leurs problèmes (petits ou grands) en étant « de terrain » ou en « mettant les mains dans le cambouis » avec elle.

Développer l’idée que les communistes sont et s’investissent et doivent s’investir plus encore  dans l’Economie Sociale & Solidaire  me paraît donc essentielle.

 

 



[1] Source Ceges, paru dans « l’irrésistible montée de l’économie sociale- un projet, une culture, des valeurs » de Virginie Robert, éditions Autrement, mars 2007, 20€

[2] Groupement des Entreprises Mutuelles d’Assurance

[3] Société Coopératives de Productions
* publié dans le supplément à l' Humanité du 10 septembre dernier

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L
Les besoins d'une telle économie vont accroître par les temps qui court ... Mais, pour parler du système associatif, que je connais bien, il faut l'aide des pouvoirs publics ... Ceux-ci sont plus enclins à repêcher les banquiers en déconfiture sans conditionnalité et pendnat ce temps les associations sont dépossédées de subventions, parfois isolées, dans aide ...Heureusement il y a encore des bénévoles ...LIZAGRECE
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